samedi 6 septembre 2014

Rectifications journalistiques...

Suite à la publication de deux numéros consécutifs du magazine Néon de ces derniers mois d'Août et de Septembre 2014 dans lesquels figurent certains de mes propos, je souhaiterai apporter pour ceux qui les ont lus quelques rectificatifs sur ce qu'en ont rapporté Aurélie et Nicolas, les journalistes qui se sont entretenus avec moi par téléphone.
Rien de bien grave, mais entre les contraintes et les impératifs du langage journalistique, qui est bien obligée de résumer les idées parfois complexes que je défends, et la probabilité que je ne me sois pas moi-même pas exprimé assez clairement, il me semble préférable d'y apporter quelques précisions voire quelques corrections (en gras les citations issues du magazine, en maigre mes réactions) :

-Néon n°21 – Août 2014 (article sur le Naturisme):

-Encart : « Il existe une règle tacite : on se mate une fois, puis on passe à autre chose »
→ Si cette affirmation est bien, comme je le pense, la traduction de ce que j'ai pu expliquer à Aurélie bien qu'elle ne me soit pas attribuée (c'est un sujet sur lequel je me suis exprimé pour répondre à une question précise de sa part), il ne s'agit pas exactement d'une règle tacite (d'ailleurs plutôt niée par le discours courant), mais d'un simple fonctionnement biologique : notre curiosité naturelle exerce un « balayage » (j'ai entendu parler d'une durée d'environ 7 secondes) souvent inconscient qui nous informe tout simplement de l'identité physique des personnes à qui on a affaire. Il est donc normal de regarder entièrement l'aspect de l'autre sans qu'il s'agisse de « voyeurisme ». En revanche, si ce balayage automatique est confronté à une zone cachée, manquant de l'information en question, il va insister sur cette zone (le regard devient « obsessionnel »), et si aucun information réelle ne lui est apportée, il va conserver l'interrogation et va momentanément « reconstituer » au moyen de l'imagination la zone en question (fantasme). Le cache étant posé sur un point clef de notre anatomie : le sexe, l'obsession et le fantasme sont donc d'ordre sexuels.

- « En fait, la nudité remet la sexualité à sa place, elle n'est ni refoulée ni exacerbée. En répondant à notre curiosité naturelle, elle désengorge les obsessions. Les tensions disparaissent. On regarde les sexes des autres, mais on ne les voit pas comme des choses sexuelles. »
→ Suite de la précision précédente : alors que ce « balayage » se bloque sur la zone cachée, se muant en fantasme obsessionnel (particulièrement gênant psychologiquement, pouvant même « imprimer » cette obsession dans la psyché), le retour à la nudité permet tout simplement un retour à la normale de ce processus qui peut s'accomplir naturellement (ceci étant dit, un travail de déconditionnement de « l'impression » peut parfois s'avérer nécessaire), permettant à notre esprit de passer rapidement à autre chose.
Les sexes n'étant plus « exceptionnels » ainsi qu'ils le sont rendus par la morale puritaine, ils sont réintégrés à la « normalité » du reste du corps.


-  «  les naturistes sont obligés de se justifier face aux préjugés, alors ils prennent les devants »
→ Je me suis sans doute mal exprimé, je voulais en réalité dire que les naturistes doivent prendre les devants, ce qu'ils ne font pas : je milite personnellement pour que le mouvement renoue avec les fondements hygiénistes du nudisme qui ont motivé son apparition, parce qu'ils sont les meilleurs arguments à même d'expliquer et défendre la nudité contre les projections erronées (et sans doute mal-intentionnées) dont elle est victime et qui nous sont dommageables à tous.

- « La faute au Cap d'Agde. »
→ Cette affirmation (courante dans le mouvement) n'est pas de mon fait. Je le précise car elle apparaît juste derrière une citation de mes propos. Je suis en train de préparer une vidéo spécifique développant le sujet et mon désaccord face à cette dénonciation facile (la réalité est plus complexe que ça)...


- « C'est une question de moment (la sexualité). La nudité permet de développer le langage du corps, de le libérer de son propre conditionnement. Au contraire, je dirais que la nudité favorise l'épanouissement de l'amour »
    → Autre précision : Si je dis que la nudité favorise l'épanouissement de l'amour, alors que j'ai expliqué auparavant qu'elle permet de dissoudre les obsessions sexuelles fantasmées, c'est justement parce que ce faisant, elle permet de laisser toute la place aux émotions amoureuses qui en sont habituellement parasitées, parfois même occultées.


-  « Le courant hygiéniste vise le respect de tous les besoins physiologiques du corps. La peau exige de respirer, mais cela passe aussi par le soin, l'exercice, l'alimentation. La nudité n'est que le point ultime de la démarche », raconte l'homme qui se nourrit exclusivement de fruits et de légumes crus.
→ Le mot « ultime » n'est pas tout à fait le bon : car la nudité n'est ni la dernière, ni le sommet de la démarche hygiéniste, elle n'en est qu'une des composantes possible. Disons plutôt qu'elle est la « dernière » en date, et qu'elle touchant à quelque chose d'extrêmement sensible dans nos cultures, elle s'en trouve forcément « particularisée ». Elle a ceci dit l'avantage d'ouvrir la démarche hygiéniste qui restait jusque-là surtout « physiologique » à des réflexions d'ordre psychologique et social.
→ Bon, et puis j'ai dû mal me faire comprendre, car je ne mange pas exclusivement des fruits et des légumes crus : Mon idéal se compose de fruits et de coquillages crus, mais je ne peux pas toujours m'approvisionner de la sorte, alors il m'arrive de manger d'autres choses, moins physiologiques...


-Néon n°22 – Septembre 2014 (article sur la Barbe):


-Titre : « Ma barbe, c'est tout ce que j'ai »
→Comme je vais le ré-éxpliquer à propos la citation d'où est tirée ce titre, ma barbe est moins ce que j'ai que ce que je suis. Si on me l'enlève, on m'enlève une partie de ce que je suis.

- « L'impression d'être plus mature »
→Cette impression n'est pas la mienne, mais celle dont m'ont témoigné plusieurs personnes, me disant que la barbe me donne plus de maturité qu'auparavant.

- Un mélange de convictions naturistes naissantes et de rébellion familiale, il continue à laisser pousser sa toison.
→ Les convictions naturistes étaient en fait déjà là (j'aspirais déjà à la nudité depuis longtemps et je ne me coupais déjà plus les cheveux depuis peu -en fait mes cheveux et ma barbe ont la même histoire-), et s'il était bien question de résister une pression familiale, à aucun moment cette barbe n'a été l'objet d'une rébellion, d'opposition ou de rejet, mais au contraire d'une affirmation personnelle.

-Parallèlement, une envie plus profonde émerge. Celle de vivre au naturel.
    →En fait, ça fait très longtemps que cette envie de vivre au naturel profonde est là, et la barbe en est en fait une simple et logique conséquence.

- Dans cette volonté de dépouillement, la barbe est la seule richesse de ce dessinateur. « C'est tout ce que j'ai. Je ne possède rien d'autre. Depuis que j'ai commencé à la faire exister, c'est devenu constitutif de mon identité ».
→ Il ne s'agit pas d'une richesse, un objet que je « possède » et auquel je m'accroche : elle fait simplement partie de ce que je suis, de ma nature, comme le reste, et finalement, il s'agit moins d'une volonté de dépouillement que d'entièreté globale, le dépouillement, la simplicité recherchée n'ayant pour but que celui de laisser toute la place nécessaire à cette unité… Mais bon, le sujet étant cantonné à la barbe, le reste devient automatiquement hors-sujet…

- Avec, pour revendiquer son combat, un drapeau de poils de 30 centimètres de long.
→ L'image est rigolote, même si ce que qu'affiche ma barbe n'est pas le fait d'une volonté particulière et savamment pensée du point de vue de la communication, et à vrai dire, ne l'ayant jamais mesurée, et ayant toujours été très mauvais en mesures à vue de nez, je me suis légèrement trompé au sujet de sa taille : en réalité, elle est plus proche des 20 centimètres au menton que des 30…


    Ces rectifications étant apportées, je remercie Aurélie et Nicolas de m'avoir donné la parole et de permettre la diffusion de quelques-unes de ces idées que je défends...
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