mercredi 30 décembre 2015

Mon (furtif) passage à l'émission "C'est Mon Choix"...



Suite à mon passage de 6 minutes à la fin de l'émission "C'est Mon Choix" consacrée à la pilosité féminine, je souhaitais partager quelques réflexions issues de cette curieuse mais très instructive expérience, entre coulisses et plateau:

-Avant et pendant le tournage:

Les journalistes qui ont préparé l'émission ont eu beaucoup de difficultés à recruter les témoins de cette émission, dont la réalisation a failli être abandonnée.

Déjà du côté des "pro-poils": nous avions tous vu passer les annonces postées notamment dans un groupe facebook dont nous faisions quasiment tous partie, et aucun de nous ne s'est proposé de soi-même.
L'équipe a alors contacté directement Carole, la "Pin-up Bio" (qui m'avait invité à participer à une émission sur le même sujet sur Radio médecine douce), qui les a du coup orienté vers moi.

Et comme on est venu me chercher directement, nommément, j'ai pris le parti de prendre ça comme "une expérience que me propose la Vie", et j'ai aussi accepté de faire passer le message autour invitant des femmes naturelles à venir témoigner en ma compagnie, tout en prévenant l'équipe travaillant sur le projet qu'étant donné la violence de la pression sociale s'exerçant sur elles, il y aurait peu de chances pour que des volontaires se manifestent.

Le message étant posté sur mon mur fb, Aka a accepté de relever le défi, et une amie du même réseau social qui connaissait Myriam a fait passer le message à cette dernière.

Mais le côté anti-poil a semble-t-il été encore plus difficile à recruter, car jusqu'au dernier moment, les messages d'appel à témoin cherchant des hommes poilus n'aimant pas les poils féminin ont été lancés, et le personnage de "Manu-la-délicatesse" nous a avoué après l'émission qu'il n'était pas lui-même outre-mesure dérangé par le poil féminin, et qu'il était surtout venu pour "assurer le spectacle"...
Dans les loges, l'équipe avait pris soin de bien séparer les pro- et les anti-poils afin de conserver la spontanéité d'une première rencontre sur le plateau.
Nous n'avions d'ailleurs pas fait non-plus la connaissance ni du plateau, ni de la présentatrice Évelyne Thomas (ce qui déstabilise un peu quand on entre en scène, mais je crois que c'est voulu, toujours pour stimuler cette spontanéité... ^^).

Le tournage de plusieurs émissions étant regroupé sur une même journée, le nôtre qui devait se dérouler en fin d'après-midi s'est trouvé décalé de plusieurs heures assez tard en soirée, ce qui explique une fatigue fatigue de la présentatrice (largement atténuée par le montage) qui était présente sur place depuis assez tôt le matin...

C'est sur place que j'ai appris que je passerai en tout dernier, et en voyant depuis les coulisses ce qui se passait sur le plateau (fatigues, fous rires, craquages nerveux), j'ai également compris que j'aurai peut-être moins de temps que prévu pour développer mon propos (d'où ma tension à vouloir trop en dire me conduisant à perdre mon fil très souvent).

Et effectivement, la moitié des questions prévues n'ont pas été posées, mais l'essentiel a pu être dit, encore que j'aurai aimé pourvoir développer l'aspect "transmission de complexes" que je ne souhaitais personnellement plus véhiculer, ainsi que réagir plus précisément à des points soulevés par les autres invités: notamment l'aveu souffrance de la pression sociale d'Anabela motivant son épilation définitive, ou encore la désormais célèbre tirade d'Hans expliquant qu'il aurait "l'impression de caresser un homme ou un animal"... (mais la réaction aurait été sans doute trop laborieuse...)

-Après le tournage:

Si nous n'avions pu nous rencontrer avant avec "l'équipe adverse", nous avons quand-même furtivement pu sympathiser après l'émission, la petite tension n'était plus la même hors plateau.

Beaucoup de passages ont été coupés au montage, mais rien d'important selon l'avis de tous, nous avons cependant été surpris de voir certaines scènes montées anti-chronologiquement (Aka et Myriam n'ont pas montré leurs jambes aussi rapidement, mais beaucoup plus tard).

D'ailleurs, à propos du dernier moment où on m'a proposé de m'épiler, une partie de mon explication a été coupée: j'ai en effet répondu à Évelyne qu'on m'avait demandé avec insistance en coulisses si j'acceptais de me faire épiler pour voir ce que ça fait. J'ai bien évidemment pas voulu, et juste avant que ce soit mon tour, une responsable de l'équipe a reformulé sa proposition: que je me fasse épiler pour "vivre" ce que les femmes vivent quotidiennement... là ça allait un peu plus dans mon sens, et j'aurai pu accepter (par pour une intégrale, mais juste une bande, qui laisse comme une "cicatrice").

Je m'attendais à ce qu'on en discute plus sur le plateau, mais Évelyne devait en avoir marre et a écourté l'émission là-dessus (me suis senti un peu con du coup ^^), et ce passage a été coupé...

Suite à la diffusion de l'émission, il semblerait que le sujet ait remporté un record d'audience depuis de redémarrage de "C'est mon choix" sur Chérie 25.

Les réaction sur le web sont très tranchées, confirmant la violence verbale extrême à l'égard du poil féminin et des "fantasmes" que suscite son "refoulement", et de l'autre beaucoup de réactions ravies que des personnes aient osé affronter la "honte" pour défendre la féminité naturelle (et effectivement, un bravo particulier à Aka -et sa famille- et Myriam d'avoir encaissé cette "mise en avant" qu'elles n'ont pas pratiqué, et aussi à Carole pour sa concentration et l'efficacité de ses réponses!)

Mais le plus important pour moi est ailleurs:

Personnellement, si l'expérience n'est pas nécessairement satisfaisante quant à son résultat (quoi qu'il faille attendre de voir l'impact sur le plus long terme, voire si la petite goutte apporte son eau au moulin ou non, et que les retours affectueux des amis soit réconfortant), elle fut néanmoins pour moi très très instructive quant au travail qu'il me faudra fournir pour rendre mon discours le plus audible possible:

La gymnastique intellectuelle à laquelle je me suis habituée est juste indigeste et ennuyeuse pour la plupart des gens (il est par exemple ardu d'entrer dans les détails physiologiques, et dans une autre mesure inefficace de parler de "conditionnement", ce qui peut se montrer vexant et donc rédhibitoire, raison pour laquelle j'ai préférer dédramatiser en parlant "d'habitude").

En revanche, un discours plus "affectif" (aimer une personne pour ce qu'elle est naturellement sans lui imposer de transformation) semble impacter beaucoup plus positivement, il me faudra donc développer toutes ces différentes approches simultanément, afin de pouvoir jongler selon la réceptivité de mon auditoire sans l'agresser...

Enfin je souhaitais mentionner le soutien "pro-poil" que l'équipe de journalistes (principalement des femmes) ayant préparé l'émission a manifesté à notre égard, elles auraient voulu nous offrir de bien meilleures conditions d'expression mais se trouvaient limitées par les contraintes de l'émission, en tout cas elles en ont remis une couche dans l'orientation des textes des tweets extraits de l'émission postés ultérieurement et partagés dans ce présent article...

À suivre... ;)



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