jeudi 3 mars 2016

Mon deuxième passage (plus long) à "C'est mon choix" sur le Nudisme...


Retour sur l'émission C'est mon choix consacrée au Nudisme:

Comme annoncé par Évelyne Thomas lors de mon précédent passage dans l'émission consacrée à la pilosité féminine, me voici donc réinvité pour défendre les bienfaits de la nudité en bonne compagnie!

Comme à mon habitude, je vais revenir sur ce passage et ce qui a pu se passer autour, car bien évidemment, on aimerait toujours en dire plus, aller plus loin dans les explications... mais le format et le public visé par l'émission faisant que, il a bien fallu se restreindre et ne faire qu’effleurer les sujets, en espérant que cette "introduction" puisse donner envie à quelques uns de chercher plus d'informations par eux-mêmes...
Je vais donc commencer par "l'aspect" et les conditions très particulières de l'enregistrement, avant de passer point par point sur les sujets qui me semblent importants...


1) Pourquoi la nudité sur le plateau?

Effectivement, la question est loin d'être facile à régler: était-ce bien utile, est-ce que ça servait le propos ou au contraire n'était-ce pas contre-productif? N'était-ce pas de l'exhibition? N'était-ce pas prendre un risque inconsidéré?
Toutes ces questions sont légitimes, et à vrai dire il m'a été impossible de prendre une décision "rationnelle": ça a d'ailleurs été plus un coup de folie que d'accepter cette proposition, toutefois guidé par un bon pressentiment, c'est l'envie d'en rigoler qui l'a emporté: ce serait une expérience sur-réaliste qui ferait nécessairement naître quelque chose d'intéressant...
Et ce fût bien évidemment le cas, quoi que je ne m'attendais pas du tout à ce que ça allait donner:
Nous nous sommes donc retrouvés Guy, Aude, Myriam, Christophe et moi nus ensemble au maquillage, nous ne nous connaissions pas auparavant, mais comme pour démontrer l'effet "socialisant" de la nudité, ça nous a tout de suite liés en une petite "tribu joyeuse" ce qui a eu au moins deux effets positifs: le premier c'est que nous nous sommes sentis en sécurité ensemble, ce qui nous a apporté une détente apparemment jamais vue chez les invités de l'émission d'après l'un des membres de l'équipe de l'émission (à contrario ce sont les anti-nudité qui avaient l'air les plus mal-à-l'aise, à tel point qu'on s'est senti assez mal pour au moins l'un d'entre eux...).
Je crois également qu'un deuxième effet est résulté de cette effet "tribu joyeuse": on a dû émaner quelque chose d'assez fort qui a dû toucher le public, car de manière générale, nous avons eu droit à une sacrée bienveillance (pour ne pas dire affection!) qui fut fort appréciable, nous permettant de prendre les quelques rares et relatives "attaques" avec beaucoup de sérénité.
On a beaucoup ri, je ne m'étais pas senti aussi bien lors de la précédente émission...

2) Les coupures au montage:
Je dois reconnaître que nos propos ont été globalement bien respectés et conservés, bien plus que ceux de nos "adversaires" qui ont été beaucoup plus ratiboisés (le pire à été le cas d'Alain, qui déjà déçu de n'avoir eu que très peu de temps de parole -à peu près autant que moi lors de la dernière émission- a vu la majorité de son propos -un peu confus cela dit- supprimé du résultat final).
D'autres remarques un peu "graveleuses" ont été aussi coupées, ce qui n'est pas plus mal...

Mais la coupure que nous regrettons le plus est celle qui a eu lieu sur le sujet des menstruations, sujet pourtant important à prendre en compte: Myriam y avait développé un peu plus en avant le sujet de l'éponge menstruelle que je ne connaissais pas (http://www.eponge-menstruelle.fr/) et Aude a parlé de la fameuse coupe menstruelle (https://fr.wikipedia.org/wiki/Coupe_menstruelle) qui commence à être un peu plus connue.
Le fait qu'elles aient évoqué le fait que ce soient des solutions réemployables après lavage a suscité beaucoup de réactions de dégoût de la part de l'assemblée, ce qui nous a surpris nous qui nous sommes réapproprié nos corps, mais ça nous a rappelé à quel point la question des fluides corporels suscite encore énormément de gêne et de complexes dans notre culture.
J'ai personnellement eu également un petit passage coupé pour les mêmes raisons "rebutantes", j'en parlerai un tout petit peu après...

3) Retour sur quelques-uns de mes propres propos:
Dans l'ensemble, même si encore une fois j'aurai voulu en dire beaucoup plus et rentrer dans des développements plus poussés, je dois reconnaître que mes propos ont été globalement conservés, et que je n'ai à m'en prendre qu'à moi-même si certains n'ont pas été assez clairs (ça me fera bosser mon discours tiens!!):

- La question de l'érection: difficile d'entrer dans les détails, donc j'ai dû survoler le sujet en dissociant les émotions (terme employé par pudeur je pense) qui peuvent effectivement nous envahir, mais sans symptôme physique manifestes, de l'excitation sexuelle à laquelle tout le monde s'attend, et en affirmant -ce qui est généralement vrai, je n'ai connu qu'un seul cas particulier et n'en ai moi-même jamais été atteint- qu'il ne se passe jamais rien à ce niveau:
C'est effectivement la surprise que vivent l'immense majorité de ceux qui franchissent le pas, alors à quoi est-ce dû?
C'est véritablement un fantasme (donc sans fondement) d'ordre culturel: la nudité a été peu à peu interdite au motif fallacieux qu'elle serait l'occasion automatique de la sexualité.
Alors il est certes vrai que quand elle est interdite, notre curiosité naturelle qui a l'habitude de "scanner" les personnes qui croisent notre chemin tout simplement pour nous informer sur qui elles sont, se retrouve systématiquement privée de l'information sexuelle de la personne.
De ce fait, non seulement elle est frustrée et peut ensuite s'exacerber et virer à l'obsession, mais en plus notre imagination doit provisoirement compléter l'information manquante (à moins d'un black-out total de l'esprit par le dressage approprié) par une image produite sans éléments concrets: il s'agit du fantasme.
Ajoutons à cela une frustration sexuelle augmentée d'une suggestion sexuelle permanente par les représentations "sexy" et bien évidemment, le moindre petit bout d'image d'une de ces parties mystérieuses pourra emballer la machine et faire déborder la casserole.

Cependant, j'imagine que tous ceux qui sont prêts à sauter le pas de la nudité en commun ont déjà éventuellement fait un petit travail sur eux-même pour que l'émotion ne soit pas mêlée à l'excitation, ceux qui sentent la charge trop importante ont généralement le salutaire réflexe d'aller se rafraîchir les idées en se plongeant dans l'eau (qui par son contact sensuel répartit les sensations sur tout le corps et décharge donc le pénis de toute l'attention qui lui est habituellement dévolue), mais dans la plupart des cas, la solution est plus simple et se trouve toute seule: le décalage de la réalité avec le fantasme est tel qu'aucune excitation n'est produite...

- Le pourquoi de la nudité:
La liberté, le bien-être sont généralement ce qui est avancé pour défendre la nudité, mais en quoi la nudité est elle agréable pour les uns et pas pour les autres?
Ceux pour qui elle est agréable sont les personnes qui ont apprit (ou n'ont pas désapprit pour les plus chanceux) à se ressentir, se réapproprier ses sensation, ce qui influence considérablement la perception que l'on a de soi car ces sensations dermiques participent de manière importante à la construction de notre identité, et par la suite orienteront le soin que nous porterons à nous même et aux autres: être bien dans sa peau (expression dont le sens est littéral) en prenant soin de cette peau trop souvent oubliée.
Tandis qu'on nous éduque à ne nous considérer que par le biais du miroir et de l'image qu'on renvoie, faisant l'impasse sur toutes les sensations désagréables voire même littéralement étouffantes que peuvent occasionner les tenues que nous portons, et allant parfois jusqu'à l'auto-matraitance, il s'agit ici de se "reconnecter" à soi-même dans un premier temps, pour ensuite reconnecter ce soi-même à ce qui l'entoure.
Mais contrairement à l'absolutisme que l'on prête trop souvent au nudisme, il n'est pas question d'être "nu partout tout le temps", mais uniquement quand le fait d'être nu reste "physiologique".
Car oui les vêtements sont utiles et parfois même nécessaires, mais ils ne le sont jamais tout le temps partout non-plus, et le nudisme porte également son attention sur la qualité de ces vêtements, recherchant ceux qui sont à leur tour les plus physiologiques possible, les moins agressifs possible pour le corps..
Le travail du nudisme (si le terme est juste et noble et mérite d'être réhabilité!) n'est ni de permettre d'être nus en permanence ni d'obliger quiconque à être nu, mais simplement de rappeler qu'un minimum de nudité est nécessaire à notre santé et surtout qu'il est donc délétère de l'interdire absolument comme c'est le cas encore aujourd'hui (rappel: on peut encore faire de la taule pour ça!).

- Le nudisme médical:
Sans pouvoir entrer dans les détails, je suis tout de même content d'avoir pu placer deux fois (une seule est restée au montage) cette idée que ce sont bien des médecins qui en France ont pris la peine et le risque pour le réputation de défendre une nudité minimale pour des raisons de santé, aussi bien physiologique, psychologique que sociale.
Je ne vais pas allonger l'article à ce sujet, j'en ai proposé un résumé dans la deuxième partie de mon dossier "réhabiliter le nudisme" (http://inspiration-naturienne.blogspot.fr/2014/11/rehabiliter-le-nudisme.html).
Ça reste un sujet oublié et pourtant fondamental que le mouvement nudiste/naturiste doit à mon sens se réapproprier, seul à mon avis suffisamment pertinent pour défendre éfficacement la nudité humaine légitime et bénéfique.

- Pourquoi (et en quoi) la nudité peut-être choquer?
Car il ne faut pas éluder non-plus la question: si elle ne choque plus, et au contraire est appréciée par ceux qui s'y adonnent, il n'en est pas moins vrai que d'autres sont encore choqués et qu'il faut tenir compte de cette "sensibilité", non-pas pour la laisser persister, mais pour comprendre d'où elle provient et comment empêcher qu'elle ne se reproduise (car bien évidemment elle n'est ni saine ni naturelle):
Je pense ne pas m'être exprimé de manière suffisamment claire sur ce passage, j'ai enchaîné plusieurs thématiques, je vais donc essayer de me corriger ici:
-Premièrement il s'agit d'une simple question d'habitude: n'importe quoi ne faisant pas partie de notre quotidien revêtira automatiquement un aspect "exceptionnel" alertant notre attention, et cet exception pourra même susciter l'inquiétude en nous, à plus forte raison si la culture dans laquelle on baigne nous apprend à jeter la suspiçion à son sujet.
-Et c'est là que surviendra un autre élément à bien prendre en compte: la violence du sentiment de rejet, exprimé ou non, que vivra une personne à l'encontre de la nudité est relative à celle que cette personne aura elle-même subi par le biais de son éducation (souvent assez violente, du moins psychologiquement, à l'égard de la nudité et de la sexualité) ou d'une pression sociale plus tardive (moqueries dans le cadre scolaire etc.).
Donc ce qu'il faut bien comprendre (et là je m'adresse aux "naturistes" en particuliers, qui m'ont pour beaucoup un peu peiné par leurs réactions méprisantes envers ces "anti-nudité" après avoir vu la vidéo), c'est que nous n'avons moins affaire à de la bêtise -bien qu'effectivement ces réactions soient infondées et irrationnelles- qu'à de la souffrance, souffrance que la pensée nudiste n'a pas vocation à écraser mais à calmer, apaiser, soigner, afin que non-seulement la personne qui en est victime se libère de ce poids, mais également qu'elle ne le transmette pas aux générations futures...
Une grosse réflexion reste à produire à ce sujet...

-Dans la suite logique de cette réflexion, on comprendra donc facilement que le nudisme est un mouvement qui s'inscrit en résistance à la malveillance ambiante dans laquelle nous baignons, qui porte atteinte à nos dignités, nous complexe et brise notre amour-propre, mais que cette résistance ne dois pas être un  combat frontal et guerrier contre "ceux qui ne pensent pas comme nous", mais au contraire, plus en douceur, par l'établissement de "bulles de bienveillance" où chacun peut venir se ressourcer, se réparer, et respirer enfin.
La nudité nudiste n'est pas un but, mais un simple facteur d'épanouissement de la nature humaine, car à travers cette nudité, c'est une grande part de cette nature humaine qui est méprisée et étouffée, générant les conséquences mêmes que les moralisme idéalistes sont au contraire censés combattre.
Il est donc important de comprendre que le nudisme, comme d'autres mouvements, milite avant tout pour plus d'humanité entre nous, les militants devront dont toujours être vigilants pour que leur comportement reste humain (bienveillant, empathique, compréhensif) au travers de leurs efforts, discours et actions, y compris envers leurs "adversaires" (qui ne font généralement pas exprès de l'être) sans quoi l'énergie dépensée manquerait sa cible: on ne peut pas défendre l'humanité sans humanité, sans quoi c'est l'inhumanité qui gagne systématiquement.

Dans les éléments qui ont été coupés au montage:

-La question de l'Hygiène relative à la nudité:
Question particulièrement posée par Bruno, qui sous-entend que la nudité est sale, je n'ai pas souhaité intervenir sur la question de "l'assise-sur-textile" (longuement abordé dans cet article dédié: http://le-nudisme.blogspot.fr/2015/07/debat-la-question-du-pareo-face-au.html ) pour ne pas compliqué le débat (tout comme je ne suis pas revenu sur la définition des termes naturisme/nudisme etc.), cependant, suite à la remarque de Guy suggérant le bouillon de culture que généraient les habits par forte chaleur, Myriam et moi avons apporté un complément plus précis, expliquant qu'en soi ce n'est pas la transpiration qui est sale (quoique l'alimentation pour laquelle on opte joue sur la quantité de toxines évacuées par la sueur), mais le fait qu'elle fermente: ce sont les bactéries qui prolifèreront dans cet endroit moite et chaud qui seront pathogène et génèreront les mauvaises odeurs. La qualité des eaux de baignade (en particulier les piscines, tests à l'appui) s'en ressentent selon que les personnes s'y baignent nues ou en maillot...
Donc oui, la nudité est plus propre que le vêtement...
Ceci dit un détail que je n'ai pas abordé durant l'émission: sachant que j'allais être nu sur le plateau et que j'ai voyagé la journée même et donc ait potentiellement transpiré sous mes vêtements, j'ai demandé à pouvoir me doucher en arrivant, pour rester ensuite en paréo dans la loge.
Car si la nudité est plus propre que le vêtement, elle ne nettoie pas d'elle même non-plus ce que le vêtement aura généré! ^^

Passons maintenant aux "arguments" contre le nudisme:
Quoi qu'ils soient souvent répétitifs et difficiles à étayer, ils n'en sont pas moins intéressants pour prendre la "température" de notre culture, car beaucoup de réactions, aussi irrationnelles soient-elles, sont cependant très instructives sur nos conditionnements et les principes toujours en cours aujourd'hui.
Je souhaite néanmoins souligner qu'encore une fois la rédaction nous a expliqué avoir eu beaucoup de mal à recruter des positions réellement "contre": la plupart des personnes contactées répondaient simplement que ce n'était pas leur truc, mais que chacun peut bien faire ce qu'il veut, ce qui est déjà rassurant.

Commençons par les ranger par ordre d'idée du plus soft au plus hard:
-Incompréhension (pourquoi être nus?)
Principalement représenté par Chantal (avec on a bien sympathisé après l'émission), cette incompréhension du plaisir d'être nu, qui est en fait, selon moi, un véritable besoin physiologique, dénote déjà d'une ouverture d'esprit appréciable.
Ce n'est en effet pas évident à expliquer, car quand on y a goûté, on a du mal à comprendre que ce plaisir ne soit pas partagé par tous.
Il faut dire aussi que nous ne précisons pas assez que notre rejet du vêtement n'est pas catégorique non-plus (ce qu'on exprime avec le traditionnel "quand les conditions le permettent): c'est surtout un rejet de l'obligation vestimentaire et non du vêtement en lui-même, ainsi que plus accessoirement  une réflexion sur la physiologie (ou non-physiologie) respective de chaque vêtement (ce que j'ai expliqué rapidement sur le plateau en parlant du choix des vêtements me permettant de me sentir le plus à l'aise/nu possible, ce qui par ailleurs réduit relativement mon besoin de nudité totale, qui est au contraire plus fort à mesure que les vêtements m'étouffent).
Il nous faut bien reconnaître qu'en se libérant ainsi on en oublie très vite que nous avons nous aussi souvent intégré inconsciemment tout une peur sociale à ce sujet: comme je l'ai une petit peu développé dans un article facebook ( http://inspiration-naturienne.blogspot.fr/2015/12/bouquet-de-petites-reflexions-postees.html ), on touche là au déplaisir véritable que la nudité peut provoquer en raison de ce qu'on appelle la pudeur ou la honte, qui n'ont rien de naturel, sont relatifs à la dimension sociale, et associent à la nudité un profond sentiment d'insécurité, souvent intégrés très tôt dans l'enfance (voire l'adolescence comme le cas arrive de plus en plus souvent chez les jeunes générations pourtant élevées dans un contexte nudiste):
En effet, dans ces périodes où nous sommes les plus vulnérables émotionnellement et les plus en demande d'affection, la réprimande, même si elle est uniquement verbale, sera vécue douloureusement, et si les punitions et châtiments sont généralement aussi efficaces, c'est que notre psyché associe le sentiment généré par la réaction sociale au motif de cette réaction. Si donc l'entourage réagit négativement à la nudité, l'individu associera le sentiment négatif qu'il éprouvera suite à cette réprobation à la nudité elle-même.

-Anormalité/marginalité/sectarisme:
... et il en sera de même pour tout comportement qui déviera des habitudes sociales, qu'elles soient bonnes ou mauvaise, ce qui peut engendrer chez beaucoup de personnes une réelle angoisse de la différence, car cette différence marginalise... et notre culture particulièrement n'apprécie pas des masses ce qui sort de sa norme (réflexion sur le totalitarisme culturel de certaines sociétés se prônant pourtant libres...)
Il faut bien admettre qu'il n'est pas évident pour un être social de risquer de perdre l'affection du groupe, et qu'il faut une certaine dose de renoncement pour y survivre... à moins de l'avoir déjà préalablement déjà et définitivement perdue.
C'est cette qualité sociale propre à notre espèce et qui en fait sa valeur qui peut nous rendre aussi influençables et aussi sensibles à la pression (les "moutons" dont parlait Bruno), nous poussant à accepter une sorte de petit "suicide" d'une part de soi pour conserver l'essentiel: l'affection des autres, aussi conditionnelle soit-elle.
(D'où l'intérêt de ne pas utiliser les mêmes outils pour faire "contre-pression", mais au contraire déployer au maximum notre humanité pour garantir une affection à ceux qui ne peuvent se reconnecter à eux-mêmes de peur de perdre celle qui leur reste).

-La question des Enfants:
Il est vrai que quand on est habitué des milieux nudistes familiaux, dans lesquels non-seulement les enfants ne sont pas dérangés, mais où en contraire ils sont plus libres de leurs mouvements et en sécurité, l'affirmation selon laquelle le nudisme est mauvais pour l'équilibre des enfants est tellement décalé qu'on se sent toujours un peu cons et désemparés...
Bien entendu, il n'est pas toujours efficace d'illustrer son propos simplement par l'exemple que ce n'est pas les parents nudistes qui forcent leurs enfants à la nudité contre leur gré, mais que c'est bien l'inverse qui est habituellement pratiqué, les enfants préférant naturellement rester nus tant qu'aucun enjeu affectif ne vient contrecarrer cette tendance, et qu'ils s'habituent très bien à cet état naturel des adultes, ce qui leur permet par ailleurs d'être décomplexés par rapports aux évolutions morphologiques qui les attendent.
Il faut encore une fois se rappeler que les "chocs" qu'ont pu vivre chacun des opposants durant leur enfance en étant confrontés à la nudité d'un tiers et qu'ils prêtent de ce fait aux autres enfants tient à deux choses: eux-mêmes ont vécu une éducation anti-nudité, pas nécessairement violente, mais considérant cette nudité comme inappropriée et indésirable, et probablement aussi que la nudité adulte à laquelle ils ont été confrontés a pu manqué de délicatesse face cette non-habitude.
Et là encore, qu'il soit question des enfants ou non, c'est une donnée que les nudistes doivent prendre en compte pour ne pas se faire d'enemis inutiles et desservir leur cause: non-pas qu'il faille rester cachés, mais plutôt qu'il faille se discipliner à une comportement exemplaire qui inspire la dignité et non quelque autre trouble image qui peut être effectivement repoussante et in fine desservir la réhabilitation de la nudité.

-Vice, perversion, déséquilibre mental...
Avec ces allégations nous avons simplement affaire à un rejet émotionnel dû aux conditionnements mentionnés auparavant, cependant ils touchent quand même à quelque chose de profond sur lequel nous attarder, à savoir la sexualité qui fait partie des enjeux initialement soulignés par le nudisme:
La nudité est certes habituellement confondue avec la sexualité, étant devenue particulièrement excitante du fait de son occultation permanente et du fantasme obsessionnel occasionné, et quasiment uniquement réservée aux rapports sexuels.
La réponse d'urgence des nudiste est de tout de suite de rétorquer que ça n'a rien à voir, ce qui est là encore impossible à imaginer pour qui à toujours cru le contraire.
Et d'une certaine manière c'est faux, car le nudisme s'intéresse évidemment (en tout cas à l'origine) à cette question de la sexualité, mais dans un sens bien précis: tenant compte de l'obsession qui parasite nos comportements, le nudisme à pour vocation à apaiser cette sexualité, non seulement en la désobsédant/défantasmant par la satisfaction de la simple curiosité naturelle concernant le sexe, curiosité qui se dissipe d'elle-même une fois satisfaite, et d'autre parts en réhabilitant la chose souvent oubliée qui fait le lien entre nudité et sexualité: la sensualité.
Cette sensualité favorisée par la nudité ne conduit pas obligatoirement à la sexualité, cependant elle l'aide à s'épanouir, et plus encore elle l'aide à se "décongestionner", se "désenfler", car en fait, toute la sensualité (plaisir sensoriel, particulièrement dermique) dont nous avons besoin se réinvestira dans la sexualité si nous en sommes privés au quotidien.

Donc d'une manière générale, le nudisme a précisément vocation à dissoudre les vices, perversions, déséquilibres etc. provoqués par sa simple interdiction.

- Une mention particulière pour Bruno qui, à travers ses réactions épidermiques, a soulevé beaucoup de questions intéressantes auxquelles je n'ai pas eu le temps de répondre:
Quand il dit qu'il n'a pas besoin d'être nu pour être proche de la Nature et qu'il y a d'autres manières de l'être, je suis tout à fait d'accord avec lui, et ça me permet de rappeler que la "Nature" initialement défendue par le naturisme est initialement moins l'environnement -dont le mouvement naturiste actuel est loin d'être le plus ardent défenseur, à quelques notables exceptions près- que notre propre nature, notre biologie, nos corps, et c'est bien cette nature-là en particulier et en priorité que le nudisme s'attache à soigner et protéger.
Le naturisme initial aura néanmoins effectivement une approche particulière de la Nature-Environnement dans le sens où il verra en les éléments naturels (air, lumière, eau,terre) des "aliments" nécessaires à l'organisme et une thérapeutique simple mais néanmoins salutaire.
Il se trouve par ailleurs que le végétarisme a été, bien avant le nudisme, l'un des éléments constitutifs du naturisme, et dans ce sens, Bruno est effectivement en partie naturiste...

Il a également le mérite d'avoir soulevé la question de notre animalité, comme ce fut le cas lors de l'émission sur la pilosité féminine, sur laquelle je n'ai encore une fois pas pu rebondir car elle est quand-même complexe à développer si on veut aller au fond du sujet:
Grosso modo, le fameux "nous ne sommes pas des animaux" a la peau dure, et sous-tend beaucoup d'angoisses, générées par la croyance très civilisée-civilisante-civilisationnelle selon laquelle la nature humaine sauvage est au mieux ignoble (sans noblesse), vile, vulgaire, libidineuse, au pire barbare, meurtrière, et qu'il faut la "dresser" dans les deux sens du terme si on ne veut pas finir dans la fange ou l'auto-destruction.
Cette croyance s'appuie sur notre aspiration naturelle à la dignité (que seule l'accumulation des frustrations et souffrances parvient à ébranler), et produit au contraire l'exact opposé en contrôlant/réprimant/refoulant nos saines et naturelles pulsions qui finissent souvent par se défouler de manière catastrophique, servant de légitimation à l'idéologie en question.
C'est encore une fois le rôle du naturisme en général et du nudisme en particulier de réhabiliter l'animalité naturelle humaine, qui correspond en réalité tout à fait à cette aspiration, car si cette dernière existe en nous, c'est tout simplement qu'elle sert les besoin de notre espèce (donc auto-programmée): naturellement sociable, empathique, affectueuse, bienveillante (ce n'est pas pour rien qu'on utilise le qualificatif "humain" dans se sens), digne, propre, saine etc.
C'est cette idéologie civilisationnelle qui conditionne notre rejet de nous-même, ce qui créer une forte contradiction/division interne collective inutile et même nuisible à nos équilibres, engendrant plus d'inhumanité que de surhumanité...

- Il a beaucoup été question du phénomène cap d'Agde, je ne vais pas revenir sur le sujet ici, étant donné que je l'ai déjà traité dans une vidéo spécifique ( http://inspiration-naturienne.blogspot.fr/2014/09/le-mouvement-naturiste-et-ses-derives.html )

- Lorsque Chantal a évoqué le reportage lors duquel elle a rencontré un naturiste qui voulait imposer sa nudité partout ( https://www.youtube.com/watch?v=r7k--z2K8Ss ), y compris en Ville, j'ai compris après coup qu'il s'agissait de Jérôme Jolibois (qui a bien été égratigné par ma tribu pour le coup ^^), un militant "nudien" de la mouvance de l'APNEL donc je connais quelques membres.

Je ne suis pas tout à fait sur la même ligne que l'APNEL, quoi que je partage complètement ce travail sur la dépénalisation de la nudité.
En fait, mon point de divergence se situera d'abord simplement sur le discours: défendre une simple liberté ne me semble pas pertinent, tandis que l'appuyer sur la riche pensée nudo-hygiéniste me semblera beaucoup plus efficace, à condition d'en tenir compte dans la pratique.
Et c'est là que se situera mon deuxième point de divergence: les nudiens prennent souvent la liberté de la nudité dans les lieux publics qu'ils fréquentent afin de "provoquer" le dialogue (avec quelques précautions toutefois, ce ne sont pas non plus des forcenés ^^), je trouve qu'il serait plus judicieux de vraiment tenir compte de la sensibilité des "anti-nudité", non-pas en s'abstenant de nudité publique, mais en commençant par ce qui est le plus facilement acceptable (la baignade nue est plus facilement acceptée que la randonue par exemple, quoique cette dernière commence à s'implanter dans le paysage et a le mérite d'être une activité saine contrairement à d'autres qui peuvent se faire dans les lieux autorisés à la nudité: barbecue-alcool etc.), et surtout en ménageant l'interlocuteur lors des dialogues et conversations.
Sans ça, effectivement, on ne pourra pas vraiment empêcher notre auditoire de nous considérer comme des exhibitionnistes-provocateurs qui n'en ont finalement rien à foutre des autres et ne pensent égoïstement qu'à leur petit nombril (si ce n'est autre chose, étant donné les fixations)...
Je crois qu'étant donné les crispations conditionnées que peut non-pas causer, mais réveiller la nudité, et bien que jusqu'ici plutôt rares en ont été les conséquences négatives, on a toujours intérêt de s'attirer la sympathie de ceux qui ne pensent pas pour nous par notre comportement empathique, non-seulement pour la cause elle-même, mais pour la cause "humaine" en général.
Bref, on a collectivement encore beaucoup à réfléchir, et notamment dans un sens auto-critique, pour mener à bien ce travail d'évolution sociale que nous souhaitons...

Bref, je crois que j'en ai à peu près fini avec ce "petit" tour d'horizon des grands sujets que je souhaitais traiter dans ce retour d'expérience (il y en a encore plein de petits qui passeront à la trappe), je vous félicite si vous êtes arrivés jusqu'au bout de cet article, je n'en veut évidemment pas aux autres de n'avoir pas eu la patience de tout lire! ^^

(Sur ceux je vais reposer mes neurones qui ont bien chauffé, et toutes mes excuses pour ma non-relecture de ce pavé indigeste ^^)

PS: Ah si, pour finir, pour ceux que ça intéresse, le retour de Stéphanie, la "naturiste habillée", qui a elle aussi sa chaîne youtube: https://www.youtube.com/watch?v=CEwjLmXE2T8

Allez zou au dodo! ^^
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